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Une vie robomobile inclusive : l’humain est-il au centre ?

La confiance dans le progrès technique, la fascination de certains pour la technologie, le sentiment que le développement tous azimuts de l’offre de transports règle en grande partie les problèmes de mobilité des personnes et des territoires, tout cela, pousse à croire qu’un système bien pensé techniquement suffira à ce qu’il soit adopté par la société, la population, les individus. C’est en tout cas une promesse de la robomobilité, qui est celle de redonner accès à un transport individuel à tous ceux, nombreux, qui sont exclus de l’auto-mobilité : les enfants, les mal-voyants, les non titulaires du permis de conduire, etc.

Or l’immensité du défi technologique pour réussir à faire rouler un véhicule en complète autonomie, en toute sécurité, avec un niveau de service élevé, à grande échelle, dans tout type de territoire, à un coût non rédhibitoire et de surcroît évidemment propre, fait qu’on peut légitimement craindre que soient, sinon oubliées, en tout cas insuffisamment pris en compte, les besoins des publics qui ne sont pas aujourd’hui les clients naturels du marché automobile. Si la mobilité autonome devienne un jour une réalité, il est aussi possible qu’aussi sophistiquée qu’elle puisse l’être sur le plan technique, elle ne soit pas pour autant un vecteur d’inclusivité majeur.

 

Ce parcours prospectif débute par une interpellation, celle de bénéficiaires des actions de l’entreprise de l’économie sociale et solidaire Wimoov, qui, face caméra, partagent leur expérience et racontent comment ils ont pu surmonter leurs freins à la mobilité individuelle, qu’ils vivaient au quotidien. En réaction à ces tranches de vie, c’est donc un plaidoyer pour « Pour une robomobilité inclusive » qui peut être formulé.

« Penser à l’Homme » comme le soulignait Gaston Berger, un des pères fondateur de la prospective à la française. C’est la philosophie qui se dégage de l’article What are driverless transport systems ‘driving’ us towards? Sleep in the age of autonomous vehicles, du sociologue Eric L Hsu de l’University of South Australia. Il questionne le lien qui est fait entre, d’une part, le gain de temps potentiel pour l’individu obtenu à travers le transfert de la fonction de conduire à une machine, et, d’autre part, le sentiment d’avoir gagné du temps, de reprendre le contrôle de son temps, de ne plus avoir l’impression de courir après le temps. Le thème du sommeil n’étant ici qu’une entrée pour réfléchir à l’évolution du rapport des individus au temps, dans nos sociétés contemporaines comme dans cette société robomobile possiblement en devenir.

Ce parcours se conclut par un détour, une invitation à prendre en compte la diversité des situations individuelles dans la conception des systèmes robomobiles. Le billet « Que deviennent les « grands mobiles » dans la vie robomobile ? » relit les principaux résultats de l’enquête internationale Jobmob soutenue par le Forum Vies Mobiles, en s’interrogeant sur les bénéfices ou les changements dans les modes de vie de ces « grands mobiles », induits ou rendus possibles par l’arrivée des services robomobiles. La vie robomobile se traduira-t-elle par davantage de mobilité pour ces « grands mobiles », par une plus grande maîtrise de leur temps, par de nouvelles organisations du travail ?