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Métamorphoses urbaines / La rue : un espace robomobile en devenir ?

De la voie romaine aux boulevards urbains des villes nouvelles, des ruelles médiévales aux grandes places piétonnisées des centres-villes d’aujourd’hui, dans l’histoire des villes, la rue a toujours été façonnée par la mobilité. Au XXe siècle, la rue a été transformée par l’automobile, reléguant les piétons sur les côtés, pour faire la place à une route « en dur » pour rouler vite. Le succès de l’automobile est tel que le modèle dominant de la rue est bien celui d’une voie bitumée centrale, avec deux bandes de stationnement de chaque côté, pour ensuite trouver des trottoirs, régulièrement interrompus par les accès aux garages des bâtiments. Et demain ? La robomobilité entraînera-t-elle des changements dans l’aménagement des rues, tels que le partage de la voirie, la gestion des vitesses, la conciliation des modes, l’émergence de nouveaux usages ? Au-delà des changements physiques de la rue, la robomobilité est-elle à la source d’un autre rapport à la ville et de nouveaux modes de vie urbains ? Dans ce parcours prospectif, Humbert David, architecte, propose une immersion dans ce que pourrait être une ville robomobile, à partir du cas de Saint-Julien-en-Genevois, un pôle secondaire de la métropole du Grand Genève. Il y voit une opportunité pour faire de la transition robomobile, un parti d’aménagement efficace pour recréer du lien dans les centres urbains. Au programme : repenser le stationnement, végétaliser les rues, remettre le piéton et l’habitant au centre des usages et de l’aménagement des rues. Ce cas fictif met en scène une vision possible de transformation robomobile. Après vous être promené(e) dans les rues robomobiles de Saint-Julien, un rapide retour au présent et à la réalité vous sera proposé à travers la lecture d’un entretien avec Suzanne Hoadley du réseau POLIS, dans lequel elle souligne qu’il reste un chemin encore très long à parcourir pour voir rouler des véhicules autonomes en ville. Au-delà de la hype autour des technologies du transport autonome, elle questionne le rapport des collectivités aux innovations numériques et les multiples enjeux en termes de gouvernance, financement, respect de la vie privée et libertés publiques notamment. Enfin, troisième dernière étape du parcours, vous pourrez écouter le retour d’expérience de Léthicia Rancurel, Directrice du TUBA, sur les apports du design et des expérimentations, dans les processus de médiation scientifique et technique avec les citoyens. Dans une société où l’innovation technologique est sans cesse plus rapide et disruptive, elle plaide pour que l’échelle locale soit pleinement intégrée dans les processus d’innovation, pour que les territoires puissent accompagner ces changements, plutôt que de subir la « loi du marché ».