Géographie robomobile : des territoires en transition ?

Les imaginaires géographiques ne reflètent pas forcément la réalité des territoires auxquels ils se rapportent. Un berger du Béarn peut se représenter Pau, Bordeaux ou Paris, comme des monstres urbains où la Nature a été chassée pour laisser place à une ville minérale. Mais que penserait-il de Hong Kong, Toronto ou Rio ?

L’imaginaire des villes est marqué par l’essor des métropoles. L’imaginaire de la ruralité est dominé par l’agriculture. L’imaginaire de la montagne convoque des paysages forestiers, des sentiers de randonnée, des grands espaces naturels. Ces différents imaginaires géographiques influent sur nos représentations du futur des territoires. Aussi, peine-t-on à s’imaginer que Paris puisse devenir une grande ville jardin ou que le cinéma de la Grande-Motte fasse le plein un soir de semaine en hiver.

Ce parcours prospectif tente de bousculer nos représentations de ce que pourrait être un territoire robomobile. En commençant par ajouter la 3D à notre vision de la ville du futur, dans son article Robomobilities in the future drone city , Anna Jackman, chercheuse en géographie à la Royal Holloway University à Londres, montre l’importance des drones dans les projets de développement de la robomobilité, et surtout à quel point leurs usages peuvent changer en profondeur les ambiances urbaines, la gestion de la sécurité, les comportements de consommation, la logistique urbaine, etc. Elle soutient la thèse que les drones ne sont pas juste une innovation technologique de plus, mais le signe d’une mutation radicale des écosystèmes urbains, et ce même si leur emploi reste limité à certains secteurs ou besoins spécifiques.

Après ce bain dans un futur façonné par la technologie, la vidéo « la ville lisible : les codes de l'accessibilité » décrit le parcours du combattant d’une personne en recherche d’emploi, qui doit apprendre les compétences basiques de la mobilité urbaine pour se réinsérer sur le marché du travail. Cette histoire souligne à quel point la complexité de la mobilité urbaine est un réel frein à l’inclusion des publics éloignés de l’emploi. C’est une alerte pour la robomobilité, dont le déploiement pourrait accroître davantage l’accès aux transports, pour les personnes peu familières avec les outils numériques et les transports collectifs.

Retour vers le futur pour la troisième étape de ce parcours avec le diaporama la vie robomobile : un monde augmenté et ubiquitaire, élaboré à partir d’un travail avec un groupe d’étudiants de l’ESSEC, dans lequel ces nouvelles technologies robomobiles sonnent l’avènement d’une vie ubiquitaire, une vie robomobile qui évolue dans un monde où le virtuel et le réel ont complètement fusionné. Les imaginaires géographiques deviennent alors encore plus vastes et illimités, dans un monde où tout devient accessible à tout moment partout pour tous.

EXPLORE début >

rue de Ménilmontant un soir en hiver
rue de Ménilmontant en hiver par Stratys

Interview avec Jean-Louis Missika : "la résistance au changement n'est pas une stratégie..."

En septembre 2018, Jean-Louis Missika a accordé un entretien à l'Atelier prospectif "la vie robomobile", au cours duquel il expose et partage sa vision des enjeux et défis, que posent le développement de la robomobilité, dans les années et décennies à venir, pour un territoire comme celui du Grand Paris. Cet entretien est à consulter à travers les trois vidéos ci-dessous, développant chacune une question principale.
Le Berlin des années 20 dans Second Life
SecondLife_Berlin par Wikicommons (
CC-BY
)

La vie robomobile : un monde augmenté et ubiquitaire

En lien avec Olivier Fourcadet, professeur de stratégie à l’ESSEC, une sensibilisation à la prospective a été réalisée auprès d’un groupe d’étudiants du Master « Management de projets technologiques » de l’ESSEC, en janvier 2017. Pour cette journée de formation- action, le cas d’application retenu a été celui de « la vie robomobile ». La dizaine d’étudiants, qui ont activement participé à la session, ont laissé libre cours à leur créativité, en donnant corps à une vision de « la vie robomobile ». L’objectif, au-delà de la formation, était de voir dans quelle mesure la robomobilité pouvait contribuer à l’émergence de nouveaux business model tournés vers l’utilité sociale et le bien commun.
Vue de Stockholm depuis un drone
B1_vignette (
CC-BY
)

Robomobilities in the future drone city

In this article, Anna Jackman raises the need to not only explore how drones might evolve in the future city, but also, how urban territories should be redesigned in the wake of this new set of mobility technologies and systems. If technical and political issues are central, there is in the mean time a reflection about new or emerging geographical imaginaries.